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 Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)

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Alpha du Centaure
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MessageSujet: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Mer 11 Oct - 13:46:17

Bataille de Cynoscéphales

Conflit Seconde guerre macédonienne
Date 197 av. J.-C.
Place Thessalie
Résultat victoire romaine
Combattants
République romaine Macédoine
Commandants
Titus Quinctius Flamininus VS Philippe V de Macédoine
Forces Environ 33 400 Environ 22 500
Pertes Environ 700 Environ 8000 morts
Environ 5000 prisonniers pour les romains

La bataille de Cynoscéphales eut lieu en Thessalie en -197 entre l’armée romaine menée par Titus Quinctius Flamininus, et celle de la dynastie antigonide de Macédoine dirigée par Philippe V.

Sommaire
1 Campagne préliminaire
2 Déroulement de la bataille
3 La fin de la phalange
4 Bilan

Campagne préliminaire
Flamininus, avec ses alliés de la Ligue étolienne (Grèce centrale), était à Thèbes, et sortit vers Phère à la recherche de Philippe qui était à Larissa. Flamininus avait sous ses ordres environ 33 000 soldats plus les troupes alliées, des archers mercenaires de Crète, des éléphants et des cavaliers numides. Philippe disposait d'une phalange d’environ 16 000 piquiers, 2 000 peltastes, 5 500 fantassins légers d’Illyrie, Thrace, et Crète, et 2 000 cavaliers, soit un total de 22 500 hommes.


Déroulement
Les deux adversaires allaient vers Scotusa pour chercher de la nourriture mais sans se voir à cause des collines. Les deux armées se heurtèrent près de Phère où les premiers accrochages de cavalerie furent en faveur de Flamininus.

À ce moment il y eut une forte giboulée qui interrompit les combats. Le lendemain matin, un épais brouillard s'était levé. Philippe reprit malgré tout sa marche et ses troupes se perdirent, se retouvant sur la colline Cynoscéphales. Flamininus envoya alors sa cavalerie qui parvint sur le camp macédonien. Il envoya ensuite 500 cavaliers et 2 000 fantassins en renfort, forçant Philippe à reculer plus haut sur la colline. Le commandant des mercenaires de Philippe, Athenagoras, chassa les Romains de la hauteur, et apprenant qu’ils étaient en déroute, Philippe décida à regret de faire descendre ses troupes dans le champ au pied de la colline.

Flamininus positionna ses troupes en face d'eux, gardant son aile droite en réserve et ses éléphants devant, prenant la tête de l’aile gauche. Flamininus joignit les renforts envoyés précédemment et se heurta aux phalanges formant l’aile droite de Philippe. Voyant la menace, il fit avancer son aile droite vers le haut de la colline et près du sommet elle rencontra les Macédoniens qui n’avaient pas pu se mettre en ordre de bataille. Les éléphants les bousculèrent et en arrivant derrière les phalanges les désorganisèrent. Alors les Romains, beaucoup plus mobiles (organisation de la légion en manipules) les massacrèrent et les firent prisonniers. Philippe s’enfuit.


La fin de la phalange
La supériorité de la légion romaine sur la phalange tient au fait que cette dernière doive, pour remplir son rôle, manœuvrer en terrain découvert et garder sa cohésion, alors que les légionnaires peuvent combattre dans n’importe quelles conditions. Si elle doit abandonner un emplacement favorable, pour assurer son ravitaillement ou défendre ses alliés, la phalange devient vulnérable. Devant elle, les Romains n’engagent pas toutes leurs forces à la fois. Une fois la phalange disloquée, lorsqu’elle poursuit l’adversaire en retraite, ils peuvent l’attaquer par les flancs. Le jour de Cynoscéphales, la phalange de Philippe se heurte à des difficultés de terrain et de manœuvre. Il doit livrer bataille en terrain escarpé, poussé par l’enthousiasme de ses troupes. Il enfonce l’aile gauche des Romains avec son aile droite. Ceux-ci ripostent par une attaque sur l’aile gauche macédonienne, encore en ordre de marche, pas en bataille, la disperse, et vont prendre par derrière l’aile gauche de Philippe. La formation de la phalange ne permet aux hommes ni de se retourner ni de combattre individuellement. La débandade est bientôt générale.

Bilan
Selon Polybe et Tite-Live, 8000 Macédoniens perdirent la vie et 5 000 furent prisonniers alors que Flamininus n'aurait perdu que 700 soldats.
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Dim 15 Oct - 14:26:38

L'ARMÉE EN MARCHE :

Lorsque l'armée romaine fait mouvement assez loin de l'ennemi, il y a un ordre de marche à peu près immuable. En pays ennemi, la troupe délègue, très en avant, de petits groupes d'éclaireurs qui utilisent les renseignements recueillis par les espions. Quand une attaque ennemie est possible, l'armée avance en agmen quadratum (formation en croix). Le légionnaire en marche est lourdement chargé (environ 40kg). Son sac comporte gamelle, effets personnels, outils pour le camp, et 17 jours de vivres. Parfois, lors de certaines expéditions, on allège le bagage du soldat. L'étape est d'environ 25 Km, mais il y a souvent des marches forcées. Le porte-enseigne (signifer) est en tête de colonne, et c'est à lui que les commandements d'arrêt ou de marche sont transmis.

LE CAMP, UN BIVOUAC FORTIFIE :

Le camp est construit chaque soir à l'étape. Il sera plus soigneusement organisé lorsque l'armée y passera tout l'hiver. Le camp peut même devenir permanent, en fonction des événements. Autour du camp se forment alors des agglomérations urbaines. Les caractéristiques du camp restent toujours les mêmes. Il est en hauteur, à proximité d'un point d'eau, de fourrages et de prairies. Les officiers et les augures choisissent d'abord l'emplacement, d'après les indications du général, puis un augure trace l'enceinte correspondant au temple céleste : 2 grandes lignes perpendiculaires sont tracées (ces rites sont semblables à ceux de la fondation d'une ville), dans l'intervalle desquelles les troupes dressent les tentes. Ensuite, tous les soldats, alignés côte à côte sur les limites extérieures du camp, creusaient un fossé, rejetant la terre pour former un talus d'une hauteur égale à la profondeur du fossé. Sur ce rempart était disposée une palissade de pieux ou de claies tressées, parfois munie de créneaux. Les 2 grandes lignes aboutissent à 4 portes: la porta praetoria du côté de l'ennemi; la porta decumana à l'opposé; à droite et à gauche, la porta dextra et la porta sinistra. Des voies secondaires, se coupant également à angle droit, subdivisaient les quatre grands secteurs. Non loin de la porta praetoria était placé le praetorium, la tente du général, devant laquelle les aigles étaient fichées en terre; autour étaient le forum, ou place de rassemblement, et le quaestorium, trésor et magasin. Derrière se trouvaient l'autel et les tentes des officiers supérieurs, lieutenants et tribuns. Puis les légions, au centre, les auxiliaires, tout autour, campaient, alignés en six rangs perpendiculaires à la voie principale, qui menait de la porte de droite à la porte de gauche. Le forum, le tribunal et les baraquements sont toujours rigoureusement installés à la même place, afin de permettre l'organisation rapide du camp à chaque étape. Dans les tentes, groupées en rectangles allongés, les hommes conservent leur ordre de bataille. Un camp de légion occupe 45 hectares (environ 550 m par 800 m). Tout autour du camp, entre le retranchement et les tentes des troupes, était laissé un vaste espace libre mettant les tentes à l'abri des traits ennemis et permettant une circulation sur les quatre faces en cas d'attaque. En dehors de chacune des quatre portes, des corps de gardes assuraient la surveillance et la protection du camp. Telle était la disposition générale du camp romain, qui devait constituer à la fois un refuge sûr en cas d'attaque ennemie et une base solide pour une offensive, ou pour une retraite. Les familles des légionnaires pouvaient y habiter, et les habitants de la région venaient souvent s'installer à proximité pour faire du commerce ou chercher protection.

LES COMBATS TERRESTRES :

L'armée du roi SERVIUS TULLIUS (VIeme siècle avant JC) se présentait en phalange massive, sur 6 rangs de profondeur. A partir de la réforme de l'armée du dictateur CAMILLE (IVeme siècle avant JC), la disposition se fait plus rationnelle, la bataille se livre sur de petits fronts. Les légionnaires sont rangés au coude à coude, les corps alliés flanquent les légions romaines et la cavalerie est aux 2 ailes, avec les éléments légers en avant. Chaque légion en ordre de bataille se présente sur 3 lignes en quinconce, articulées en manipules. Les manipules, divisées en centuries, se présentent eux mêmes sur plusieurs rangs. Ils sont séparés les uns des autres par des intervalles égaux à leurs fronts, de sorte que chacun puisse effectuer un repli sans affecter l'ensemble du dispositif. Le signal donné, les soldats lancent le javelot, puis on en vient au corps à corps. Les vétérans, en nombre 2 fois moins important que chacune des 2 lignes d'assaut, sont en position d'attente, le genou à terre. Ils ne sont engagés que si les 2 premières lignes ont été repoussées. Parfois, l'armée doit recourir à des formations savantes comme le cuneus (quelques braves entraînent une colonne, dont les rangs s'élargissent au point de former un angle aigu) ou l'orbis (les soldats font le cercle pour résister de tous les cotés). A la fin de la république (fin du IIeme siècle avant JC et Ier siècle avant JC), alors que les campagnes militaires se déroulent sur des champs de bataille très différents les uns des autres, MARIUS puis CESAR, améliorent les techniques du combat légionnaire en les dégageant de la formation stéréotypée de la tactique manipulaire et en disposant leurs troupes en fonction des conditions géographiques. On se met à développer les attaques sur le coté et en encerclement, toute la légion n'est plus sur le champ de bataille, mais des troupes sont gardées en réserve à distance respectable. Enfin on fait de plus en plus souvent appel à des bataillons étrangers spécialisés comme les archers et les frondeurs qui permettent de déstabiliser l'ennemi. Pendant l'Empire, le rôle de la cavalerie dans les combats est renforcé, car les romains doivent affronter des ennemis réputés comme excellents cavaliers, tels les Barbares, les Parthes, les peuples d'Afrique et d'Asie. C'est la raison pour laquelle, à partir du IIeme siècle, on voit apparaître dans la légion une cavalerie lourde dont les hommes portent une cuirasse comme les fantassins. Ces cuirassiers ou cataphracti constituent alors les ailes de la légion en ligne de combat.

LE SIÈGE DES VILLES :

Pour les romains, le siège signifie la mise en place de moyens considérables et des règles savantes d'encerclement de la ville. Les machines de siège sont multiples et sophistiquées, depuis le simple bélier destiné à enfoncer portes ou murailles, jusqu'aux machines perfectionnées pour lancer des projectiles (dont le principe moteur est fourni par la torsion d'un faisceau de fibres) pierres ou traits, tels les catapultes, les balistes, les onagres, les scorpions, chacun d'entre eux ayant des caractéristiques techniques différentes qui leur permettent de s'adapter aux conditions particulières de chaque siège. Les romains utilisent aussi des armes incendiaires destinées à faire brûler la cité en restant à l'extérieur. Des tours mobiles et des panneaux montés sur roues abritent les légionnaires qui peuvent ainsi s'approcher de très près des murailles. Pendant l'Empire, chaque légion dispose environ de 50 catapultes servies par des artificiers spécialisés. Pendant le siège, les romains sont établis dans des camps fortifiés à quelque distance de la ville. Parfois ils construisent des rampes d'assaut qui leur permettent de s'approcher des murs ennemis. Ainsi de nos jours, à Massada, près de la mer morte, on voit encore la rampe longue de 209m et haute de 91m que les romains ont édifiée lors de la guerre des Juifs en 70. Lorsque les légionnaires doivent s'avancer vers la ville à découvert, ils adoptent la formation célèbre de la tortue, en mettant leur bouclier au dessus de leur tête, ce qui forme pour l'ensemble de la cohorte une carapace fort solide que ne peuvent percer les projectiles des assiégés.

La catapulte est la plus grosse machine de jet. Elle lance à grande distance des produits enflammés, des grosses pierres et des boulets de plomb de plus de 100 kilos. Elle se compose d'une poutre en bois portant à une extrémité une poche de peau dans laquelle est logé le projectile. De gros câbles qui s'enroulent sur une sorte de treuil, permettent d'abaisser cette poutre et de tendre la corde d'un arc placé au sommet de la machine. On lâche alors brusquement les câbles, la poutre vient buter contre une grosse barre et le projectile jaillit avec violence de la poche.

L'onagre est une machine de jet semblable à la catapulte, mais de dimensions plus réduites. Il est facilement transportable sur le champ de bataille. Il lance des projectiles à 30m de distance et à près de 40m de haut.

La baliste ressemble à la catapulte, mais elle est construite pour que le projectile suive une trajectoire en arc de cercle et vienne retomber derrière les murailles contrairement à la catapulte.

La tour mobile permet d'approcher des remparts de la ville assiégée. Elle est en bois, montée sur des roues, on peut l'amener facilement à proximité des remparts, qu'elle domine généralement. Les soldats, placés tout en haut peuvent observer la ville pour découvrir ses points faibles et les cribler de flèches. La tour mobile est composée de plusieurs étages : le plus haut est muni d'un pont-levis que l'on abaisse au moment opportun, pour que les soldats puissent pénétrer dans la ville.

La vinea : les soldats qui doivent se rendre dans les tours avancent à l'aide des vineae, sortes de baraques roulantes en bois, au toit incliné. Des peaux mouillées les recouvrent entièrement, afin de les protéger des projectiles enflammés du toit lancés du haut des murailles.

La tortue : elle ressemble aux vineae, mais en plus grand. La tortue a pour objet de protéger les soldats pendant qu'ils creusent des galeries souterraines au pied des remparts. Elle abrite aussi les machines d'assaut appelées faux murales qui servent à faucher les remparts : leurs pointes de fer déchaussent pierres et poutres, et ouvrent ainsi des brèches.

Le bélier est la plus puissante machine d'assaut de l'armée romaine, utilisée pour démolir portes et murailles. Il se compose d'une lourde poutre en bois munie à une extrémité d'un bloc de fer ou de bronze en forme de tête de bélier, et maintenue par une ou plusieurs chaînes. Des soldats la font osciller et la tête vient frapper avec force le point attaqué. Certains béliers atteignent 60 mètres de long et nécessitent plus de 200 hommes pour les manier.

LES COMBATS NAVALES :

Deux tactiques de combat sont employées par la marine romaine. Les romains se sentant plus vulnérable en mer, ils mirent au point un dispositif d'abordage pour rapprocher le combat naval du combat de terre : le corvus, une passerelle d'abordage articulée, fixée à la proue du bateau. Une fois le corvus abattu, les soldats déferlaient sur le navire ennemi en formation serrée, protégés de tous cotés par leurs grands boucliers. Sur le pont, étaient disposées des pièces d'artillerie qui projetaient des flèches ou des pierres. Les romains faisaient aussi usage de projectiles inflammables. Des tours permettaient de dominer l'ennemi au moment de l'abordage. La 2eme tactique de combat navale était de tenter de couler le navire ennemi en l'éperonnant. Les navires de guerre romain étaient armés d'éperons de bronze ou rostres, fixés à la proue, qui permettaient de faire une brèche dans le flanc du navire ennemi et de le couler.
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Mar 17 Oct - 14:36:41

1ère partie: [30,1-17] Événements d'Afrique. Libération de l'Italie (203)[/size]


30,1] Entrée en charge des consuls (15 mars 203)
(1) Gnaeus Servilius Caepio et Gaius Servius Géminus, promus au consulat, la seizième année de la guerre punique, consultèrent le sénat sur les affaires publiques, la guerre et le partage des provinces.
(2) On fut d'avis que les consuls s'entendraient ou tireraient au sort, pour savoir lequel irait chez les Bruttiens tenir tête à Hannibal, lequel aurait l'Étrurie et les Ligures:
(3) celui qui serait désigné pour le Bruttium devait prendre l'armée de Publius Sempronius Tuditanus. Publius Sempronius, continué pour un an dans son commandement proconsulaire, remplacerait Publius Licinius Crassus,
(4) lequel reviendrait à Rome.
Licinius s'était montré habile général, indépendamment de toutes les autres qualités qui le plaçaient au-dessus de tous ses concitoyens; la nature et la fortune l'avaient comblé de leurs dons.
(5) Noble et riche tout à la fois, il était d'une force et d'une beauté remarquables; il passait pour très éloquent, soit qu'il fallût plaider une cause, soit qu'il fallût soutenir ou combattre un avis dans le sénat et devant le peuple; il connaissait à fond le droit pontifical.
(6) À tant de gloire l'exercice du consulat vint ajouter la gloire militaire.

(7) Les dispositions prises pour le Bruttium furent appliquées à l'Étrurie et aux Ligures. Marcus Cornélius Céthégus eut ordre de remettre son armée au nouveau consul: continué lui-même dans son commandement, il occuperait la province de Gaule avec les légions qui avaient, l'année précédente, obéi au préteur Lucius Scribonius.

(Cool Puis on tira au sort les provinces: Gnaeus Servilus Caepio eut le Bruttium; Gaius Servilius Géminus l'Étrurie. Les provinces des préteurs furent également soumises au tirage, et le sort donna
(9) la juridiction de la ville à Publius Aelius Paetus, la Sardaigne à Publius Cornélius Lentulus, la Sicile à Publius Villius Tapulus, Ariminum et les deux légions de Spurius Lucrétius à Publius Quinctilius Varus.
(10) Lucrétius fut également continué dans son commandement, avec la mission de rebâtir Gênes, détruite par le Carthaginois Magon. Scipion fut prorogé, sans qu'on fixât d'autre terme à son commandement que l'achèvement de son œuvre, c'est-à-dire la fin de la guerre d'Afrique.
(11) On décréta une supplication à l'occasion de son passage en Afrique, afin que son entreprise tournât à l'avantage du peuple romain, du général et de son armée.

[30,2] Préparatifs en vue d'une nouvelle année de campagne
(1) On fit, pour la Sicile, une levée de trois mille hommes; l'élite des troupes de cette province avait été transportée en Afrique. Dans la crainte qu'une flotte carthaginoise ne vînt y faire une descente, on avait affecté quarante vaisseaux à la garde de ses côtes.
(2) Treize vaisseaux neufs y furent conduits par Villius Tappulus; les autres, qui étaient vieux, furent radoubés dans le pays.
(3) Cette flotte fut mise sous les ordres de Marcus Pomponius Matho, préteur de l'année précédente qui fut continué dans son commandement; il embarqua les recrues arrivées d'Italie.
(4) Pareil nombre de vaisseaux fut confié, par décret du sénat, à Gnaeus Octavius, qui était aussi préteur de l'année précédente, et qui fut investi des mêmes pouvoirs: on le chargea de défendre les côtes de Sardaigne. Le préteur Cornélius Lentulus eut ordre de lui fournir deux mille hommes d'embarcation.
(5) Pour la côte d'Italie, comme on ne savait sur quel point les Carthaginois dirigeraient leur flotte, et qu'on était porté à craindre pour tous les points qui resteraient dégarnis de troupes, on désigna Marcus Marcius, préteur de l'année précédente, pour la protéger avec le même nombre de vaisseaux.
(6) D'après un décret du sénat, les consuls levèrent trois mille hommes pour l'armement de cette flotte, et deux légions urbaines pour les cas imprévus. Les Espagnes furent conservées avec les mêmes armées et le même commandement aux anciens généraux, Lucius Cornélius Lentulus et Lucius Manlius Acidinus.

(Cool Ainsi vingt légions et cent soixante vaisseaux longs formèrent cette année le montant des forces romaines. Les préteurs reçurent l'ordre de se rendre dans leurs provinces. On enjoignit aux consuls de faire célébrer, avant leur départ de la ville, les grands jeux dont Titus Manlius Torquatus, pendant sa dictature, avait voué la célébration au bout de cinq ans, si la république se maintenait dans le même état.

(9) On était tourmenté de nouveaux scrupules religieux à l'occasion de prodiges arrivés en divers lieux. On prétendait que, dans le Capitole, des corbeaux avaient non seulement déchiré de leur bec, mais mangé de l'or; à Antium, des rats avaient rongé une couronne d'or;
(10) aux environs de Capoue, une nuée de sauterelles s'était abattue sur la campagne sans qu'on pût déterminer d'où elles étaient venues;
(11) à Réate, il était né un poulain avec cinq jambes; à Anagni, on avait vu dans le ciel des feux d'abord épars qui s'étaient réunis ensuite en un météore immense;
(12) à Frusino, ce fut d'abord un arc qui avait décrit autour du soleil un cercle peu étendu, puis ce cercle lui-même avait été enfermé dans l'orbe agrandi de cet astre; à Arpinum, la terre s'était affaissée au milieu d'une plaine et avait ouvert un vaste gouffre.
(13) L'un des deux consuls, à la première victime qu'il avait immolée, avait trouvé un foie sans tête. Pour expier ces prodiges on sacrifia les grandes victimes: le collège des pontifes désigna les dieux auxquels on les devait offrir.

[30,3] Activité militaire et diplomatique de Scipion en Afrique (hiver 203-202)
(1) Toutes ces mesures arrêtées, les consuls et les préteurs partirent pour leurs provinces: tous néanmoins s'occupaient de l'Afrique, comme si elle eût été leur partage, soit parce qu'ils voyaient les intérêts publics et la guerre se concentrer sur ce point, soit pour faire leur cour à Scipion, sur qui tous les regards étaient alors tournés.
(2) Ainsi ce n'était pas uniquement de Sardaigne, comme on l'a déjà dit, mais de Sicile aussi et d'Espagne qu'on lui expédiait des habillements, des grains (des armes même lui furent envoyées de Sicile), enfin des approvisionnements de toute espèce.

(3) Scipion, de son côté, n'avait pas interrompu un seul instant pendant l'hiver les opérations militaires qu'il avait commencées sur plusieurs points à la fois autour de lui. Il assiégeait Utique; il avait devant lui le camp d'Hasdrubal.
(4) Les Carthaginois avaient mis leurs vaisseaux en mer; leur flotte était tout équipée, toute préparée pour intercepter ses convois.

Au milieu de ces embarras, il n'avait pas renoncé à l'espoir de regagner l'amitié de Syphax, au cas où une longue possession l'aurait blasé sur la tendresse qu'il portait à sa femme.

(5) Syphax offrait sa médiation pour la paix, en prenant pour base l'évacuation de l'Afrique par les Romains, de l'Italie par les Carthaginois; mais on ne pouvait compter sur sa défection en cas de guerre.
(6) Je serais disposé à croire que cette intrigue fut menée par correspondance (et c'est le sentiment de la plupart des auteurs), au lieu d'admettre, avec Valérius Antias, que Syphax se soit rendu en personne au camp romain pour une entrevue.

(7) D'abord, le général romain voulut à peine entendre l'exposé de ces conditions. Ensuite, pour ménager à ses soldats un prétexte plausible de communication avec le camp des Carthaginois, il se montra moins intraitable, et laissa entrevoir l'espérance qu'après bien des démarches de part et d'autre on finirait par s'entendre.

(Cool Les quartiers d'hiver des Carthaginois, construits de matériaux ramassés sans choix dans les campagnes, étaient presque entièrement en bois.
(9) Les Numides surtout, sans autre abri, pour la plupart, que des cabanes de jonc et de nattes, s'étaient logés çà et là en désordre, quelques-uns même en dehors du fossé et du retranchement, comme s'ils n'avaient reçu aucun ordre pour le choix des lieux.

(10) Scipion, informé de ces circonstances, avait conçu l'espoir d'incendier à la première occasion les quartiers de l'ennemi.

[30,4] Rupture de la trêve conclue entre Scipion et Syphax (début du printemps)
(1) Avec les agents qu'il dépêchait à Syphax, Scipion envoyait aussi, comme gens à la suite, et sous le déguisement d'esclaves, ceux de ses principaux officiers dont il connaissait la valeur et la prudence;
(2) ils profitaient du temps de l'entrevue pour se répandre dans le camp de côté et d'autre et pour examiner les entrées et les issues, l'assiette et la configuration du camp dans ses détails aussi bien que dans son ensemble, les quartiers des Carthaginois et ceux des Numides, l'intervalle qui séparait le camp d'Hasdrubal de celui du roi,
(3) la manière d'être des postes et des sentinelles, pour s'assurer enfin si la nuit ou le jour serait plus convenable pour une surprise. Grâce à la fréquence des entrevues, c'était, à dessein, tantôt l'un, tantôt l'autre qu'il envoyait, afin de donner à un plus grand nombre de Romains la connaissance de tous ces détails.
(4) Quand, après bien des pourparlers, Syphax et, par son entremise, les Carthaginois eurent été amenés à croire de plus en plus à la paix, les envoyés romains déclarent "qu'ils ont ordre de ne revenir auprès de leur général qu'avec une réponse définitive.
(5) Soit donc que le roi eût pris son parti, soit qu'il eût encore à consulter Hasdrubal et les Carthaginois, il fallait se hâter. Le temps était venu, ou de conclure la paix, ou de continuer la guerre à outrance."

(6) Tandis que Syphax consultait Hasdrubal et Hasdrubal les Carthaginois, les espions eurent le temps de tout voir, et Scipion de faire tous les préparatifs que ses projets exigeaient.
(7) D'ailleurs on parlait tant de la paix et on l'espérait si bien, que les Carthaginois et le Numide négligeaient toute précaution contre les entreprises de l'ennemi.
(Cool Enfin la réponse arriva; mais, comme on croyait le général romain très impatient d'obtenir la paix, on y avait introduit des clauses rigoureuses, qui vinrent fort à propos fournir à Scipion le prétexte qu'il cherchait pour rompre la trêve.

(9) Il fit savoir à l'envoyé du roi qu'il en référerait au conseil, et le lendemain il lui répondit "que lui seul avait été pour la paix, et que, malgré ses efforts, tous les autres l'avaient repoussée. L'envoyé pouvait donc annoncer qu'il n'y avait de paix à, espérer pour Syphax avec les Romains que s'il se séparait des Carthaginois."

(10) Il rompit ainsi la trêve, afin de pouvoir sans scrupule poursuivre l'exécution de ses projets. Le printemps commençant, il remit ses vaisseaux à flot, embarqua ses machines et ses équipages de siège, comme s'il allait donner l'assaut à Utique du côté de la mer, (11) et envoya deux mille hommes s'emparer d'une hauteur qui dominait la place, et qu'il avait déjà occupée: il voulait, d'une part, détourner, en la portant ailleurs, l'attention de l'ennemi de l'opération qu'il méditait, (12) et, d'autre part, prévenir toute sortie, toute attaque qui pourrait, pendant sa marche contre Syphax et Hasdrubal, être dirigée de la ville sur son camp dont il laissait la garde à un faible corps de troupes.

Ceci est un essai sous une forme romancée de divers batailles romaines et de la vie politique de l'époque si ça vous plaît je continue autrement...Je changerai de type d'histoire...


Dernière édition par le Dim 22 Oct - 11:54:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Ven 20 Oct - 21:23:07

non continue c'exellent Clin d\'oeil
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Ven 20 Oct - 21:27:00

trop cool continue j'adore
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Sam 21 Oct - 8:17:22

trop bien mais ta tu passé du temps
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Sam 21 Oct - 19:00:44

bah si ça vous fait plaisir pour moi pas de problèmes, je suis toujours là, ebfin vous le savez déjà lol Lol
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Dim 22 Oct - 11:06:59

[30,5] Incendie du camp de Syphax

(1) Ces mesures prises, Scipion assembla son conseil, recueillit les renseignements des éclaireurs et ceux de Masinissa, qui connaissait le fort et le faible des ennemis, puis il annonça lui-même son dessein pour la nuit suivante. Les tribuns devaient, au premier signal donné à l'issue du conseil, faire sortir les légions du camp. Conformément à cet ordre, on commença, vers le coucher du soleil, à lever les enseignes; vers la première veille, les colonnes étaient déployées; on arriva vers minuit au camp ennemi, sans avoir forcé la marche, car on n'avait que sept milles à faire.

Scipion plaça sous les ordres de Laelius une partie des troupes et Masinissa avec ses Numides, et leur enjoignit d'assaillir le camp de Syphax et d'y mettre le feu. Puis, prenant à part Laelius et Masinissa, chacun séparément, il les conjura "de suppléer par leur zèle et leur activité aux mesures de prudence que la nuit rendait impossibles. Il se chargeait, lui, d'attaquer Hasdrubal et le camp des Carthaginois. Mais il ne commencerait que quand il aurait vu celui du roi en feu."

Il n'attendit pas longtemps: à peine la flamme eut-elle pris aux premières cabanes, qu'elle gagna bientôt les suivantes, et, se communiquant de proche en proche, étendit ses ravages dans tout le camp. Ce fut une alarme telle que devait la produire un incendie nocturne se répandant sur un si vaste espace; les barbares crurent qu'il était l'effet du hasard et non d'une attaque de l'ennemi; ils sortirent sans armes pour l'éteindre, et se trouvèrent en face d'ennemis armés, surtout des Numides que Masinissa, grâce à la connaissance qu'il avait des lieux, avait postés habilement aux issues des chemins. Les uns, surpris dans leurs lits au milieu de leur sommeil, furent dévorés par les flammes; les autres, dans la précipitation de la fuite, tombèrent les uns sur les autres au passage trop étroit des portes et y furent écrasés.

[30,6] Incendie du camp d'Hasdrubal

À l'aspect de la flamme qui brillait, les sentinelles carthaginoises d'abord, puis leurs compagnons, réveillés par cette alerte nocturne, partagèrent l'erreur des Numides et crurent que le feu avait pris de lui-même. Les cris que poussaient les blessés et. les mourants avaient-ils pour cause un assaut de nuit: on l'ignorait, et cette incertitude empêchait de s'assurer de la vérité.
Les Carthaginois se précipitèrent donc sans armes, ne songeant pas à rencontrer l'ennemi et sortirent chacun de son côté par la porte la plus voisine, n'emportant que les objets propres à éteindre un incendie; ils vinrent se heurter contre les troupes romaines.

On les tua tous par haine nationale, et plus encore par crainte de laisser échapper quelqu'un qui répandît l'alarme. Scipion se rendit aussitôt maître des portes, qui n'étaient point gardées, tant le découragement avait été grand, et fit mettre le feu aux cabanes les plus rapprochées. La flamme dispersée, d'abord, brilla çà et là sur plusieurs points; puis elle s'étendit de cabane en cabane, et bientôt tout le camp devint la proie d'un seul et vaste incendie. Les hommes, les animaux à demi brûlés s'enfuirent pêle-mêle, et leurs cadavres entassés encombrèrent les portes. Ceux que le feu n'avait pas consumés tombèrent sous le fer, et le même désastre anéantit les deux camps.

Cependant les deux chefs parvinrent à s'échapper, n'ayant plus avec eux, de tant de milliers de combattants, que deux mille hommes d'infanterie et cinq cents de cavalerie, presque désarmés et pour la plupart blessés et mutilés par la flamme. Quarante milles hommes furent massacrés ou brûlés; plus de cinq mille faits prisonniers; de ce nombre furent plusieurs nobles Carthaginois et onze sénateurs; cent soixante-quatorze étendards, plus de deux mille sept cents chevaux numides et six éléphants furent pris; huit furent tués ou brûlés; une grande quantité d'armes tombèrent en possession des vainqueurs. Le général en fit une offrande à Vulcain et les brûla toutes.

[30,7] Le sénat de Carthage décide de poursuivre la lutte

Hasdrubal, fuyant avec une poignée d'Africains, avait gagné la ville la plus voisine, et tous les débris de son armée, suivant les traces de leur général, l'y avaient rejoint; mais la crainte que la ville ne fût livrée à Scipion le détermina à en sortir. Aussitôt les portes s'ouvrirent, les Romains furent reçus par les habitants, et ne les traitèrent pas en ennemis, la soumission ayant été volontaire. Deux autres villes furent ensuite prises et pillées; on en abandonna le butin aux soldats avec celui qu'on avait sauvé de l'embrasement des deux camps.
Syphax trouva à huit milles de là un fort où il s'enferma. Hasdrubal se rendit à Carthage, afin d'empêcher que l'effroi de ce récent désastre ne fît prendre que des mesures peu énergiques. La consternation y fut en effet si grande d'abord, qu'on se persuada que Scipion laisserait Utique pour venir sur-le-champ mettre le siège devant Carthage. Le sénat fut convoqué par les suffètes, qui avaient à Carthage la même autorité que nos consuls. Trois avis y furent ouverts: l'un proposait une ambassade à Scipion pour traiter de la paix; l'autre rappelait Hannibal pour sauver la patrie de cette guerre d'extermination; le troisième, digne de la constance de Rome dans l'adversité, voulait qu'on formât une nouvelle armée et qu'on pressât Syphax de ne point renoncer à combattre. Grâce à la présence d'Hasdrubal et à la préférence de toute la faction Barca pour la guerre, ce fut ce dernier avis qui l'emporta.

On commença donc des levées dans la ville et dans la campagne, et on envoya des députés à Syphax, qui faisait lui-même les plus actives dispositions pour recommencer la guerre. Sa femme l'avait gagné, non plus seulement par des caresses, armes déjà si puissantes sur le coeur d'un époux passionné, mais en le suppliant et en excitant sa pitié. Elle l'avait conjuré, les yeux pleins de larmes, de ne pas trahir son père et sa patrie, et de ne point souffrir que les flammes, qui avaient dévoré son camp, anéantissent aussi Carthage.

Les envoyés firent aussi valoir un secours que la fortune leur offrait à propos: ils avaient rencontré près de la ville d'Obba quatre mille Celtibères, soudoyés en Espagne par leurs recruteurs, et qui étaient d'excellentes troupes; au premier jour, ajoutaient-ils, Hasdrubal lui-même allait arriver avec des forces assez imposantes. Syphax ne se borna point à recevoir les envoyés avec bienveillance: il leur montra une multitude de paysans numides, auxquels il avait donné naguère des armes et des chevaux, et il leur assura qu'il mettrait sur pied toute la jeunesse de son royaume. "C'était au feu et non à l'ennemi qu'ils devaient leur désastre: on n'avait le dessous à la guerre que quand on était vaincu en combattant." Telle fut sa réponse aux envoyés.

Peu de jours après, Hasdrubal et Syphax firent leur jonction: ils eurent ainsi une armée d'environ trente mille hommes.

[30,8] Victoire romaine aux Grandes-Plaines (printemps 203)

Scipion, qui croyait en avoir fini avec Syphax et les Carthaginois, s'occupait du siège d'Utique, et approchait déjà les machines des murs, lorsqu'il en fut détourné par la nouvelle que la guerre recommençait. Il laissa donc quelques troupes pour continuer seulement les apparences d'un siège sur terre et sur mer, et marcha lui-même contre les ennemis avec l'élite de son armée.
Il prit d'abord position sur une hauteur à quatre milles environ du camp de Syphax; le lendemain, il descendit, avec sa cavalerie, dans les Grandes-Plaines (c'est ainsi qu'on nomme la campagne située au pied de cette éminence), et il passa la journée à courir jusqu'aux postes des ennemis et à le provoquer par ses escarmouches. Les deux jours suivants on se chargea de part et d'autre, sans que ces mêlées produisissent rien de remarquable; le quatrième jour, les deux armées se présentèrent en bataille.

Le général romain plaça les principes derrière les hastats, qui formaient le premier rang, et les triaires à la réserve: il mit la cavalerie italienne à l'aile droite, à la gauche Masinissa et ses Numides. Syphax et Hasdrubal opposèrent leurs Numides à la cavalerie italienne, les Carthaginois à Masinissa, et ils appelèrent les Celtibères au centre, vis-à-vis des légions. Ce fut dans cet ordre qu'ils en vinrent aux mains. Le premier choc suffit pour mettre en déroute les deux ailes de l'ennemi, Numides et Carthaginois; ces Numides, pour la plupart tirés de la charrue, ne purent résister à la cavalerie romaine, ni les Carthaginois, tout nouvellement enrôlés aussi, à Masinissa, que le souvenir de sa récente victoire rendait encore plus terrible.

Restait, mais dégarnie de ses deux ailes, la colonne celtibère: la fuite ne leur offrait aucune chance de salut dans ce pays qu'ils ne connaissaient pas; et ils n'avaient pas de grâce à espérer de Scipion, l'ayant si mal récompensé de ses bienfaits envers eux et leur nation, en venant, à titre de mercenaires, l'attaquer en Afrique. Enveloppés de tous côtés par l'ennemi, ils tombèrent les uns sur les autres et se firent tuer tous à leur poste. En attirant ainsi sur eux les efforts de toute l'armée, ils assurèrent la fuite de Syphax et d'Hasdrubal, et leur donnèrent le temps de prendre l'avance. Les vainqueurs étaient plus las de tuer que de se battre quand la nuit les surprit.

[30,9] Le sénat de Carthage décide de rappeler Hannibal. Attaque de la flotte romaine

Le lendemain Scipion envoya Laelius et Masinissa, avec toute la cavalerie romaine et numide et les troupes légères, à la poursuite de Syphax et d'Hasdrubal. Lui-même, avec le gros de l'armée, se présenta devant les villes voisines qui obéissaient toutes aux Carthaginois, et les soumit, soit par des promesses, soit par la crainte, soit enfin par la force.
Carthage était en proie à de vives terreurs; cette promenade triomphante de Scipion et la soumission rapide de tout le pays d'alentour faisaient croire qu'il paraîtrait tout à coup devant Carthage elle-même. On répara donc ses murs, on y ajouta des fortifications, et chacun à l'envi fit venir des champs les provisions nécessaires pour soutenir un long siège.

Rarement on parlait de la paix, souvent il était question d'envoyer une ambassade pour rappeler Hannibal. (6) La plupart voulaient que la flotte, armée dans le but d'intercepter les convois, fût envoyée pour surprendre l'escadre qui stationnait à Utique et n'était point sur ses gardes; peut-être même détruirait-on le camp naval, où l'on n'avait laissé qu'un petit nombre de défenseurs. Ce fut le parti qu'on adopta de préférence; mais on décida aussi d'envoyer une ambassade à Hannibal. Car la flotte, eût-elle le plus beau succès, ne pourrait que faire lever en partie le siège d'Utique; pour la défense de Carthage elle-même, il ne restait plus d'autre capitaine qu'Hannibal, d'autre armée que celle d'Hannibal.

Le lendemain donc, on mit les vaisseaux à flot, et les envoyés partirent pour l'Italie; la situation critique où l'on se trouvait faisait agir avec précipitation, et chaque citoyen croyait, par la moindre lenteur, compromettre le salut de la patrie.

Scipion, qui traînait une armée déjà embarrassée des dépouilles de plusieurs villes, envoya les prisonniers et le reste du butin à son ancien camp d'Utique, et tournant toutes ses vues sur Carthage, se rendit maître de Tunis, dont la garnison avait pris la fuite. C'est une place, à quinze milles environ de Carthage, que les travaux de l'homme et la main de la nature ont également fortifiée; on la voit de Carthage, et de ses remparts on aperçoit aussi Carthage et toute la mer qui l'environne.


la suite arrive.....
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Dim 22 Oct - 12:00:26

[30,10 Bataille navale dans la rade de Tunis

Ce fut de là que les Romains, au moment où ils établissaient leurs retranchements, aperçurent la flotte ennemie qui se dirigeait de Carthage sur Utique. Aussitôt le travail fut interrompu, l'ordre fut donné de se mettre en marche, et l'on enleva les enseignes à la hâte: les vaisseaux tournés du côté de terre et occupés du siège, tout à fait impropres, d'ailleurs, à un combat naval, pouvaient être anéantis. Comment, en effet, eût-on résisté à une flotte agile, pourvue de tous ses agrès et armée en guerre, avec des vaisseaux chargés de machines et de catapultes, ou transformés en bâtiments de transport, ou bien mouillés assez près des murs pour servir de ponts et de chaussée en cas d'escalade?
Scipion dérogea donc à l'usage adopté pour les combats de mer; les vaisseaux éperonnés, qui pouvaient protéger les autres, furent placés à l'arrière-garde près de terre; es vaisseaux de charge sur quatre rangs formèrent un rempart en face de l'ennemi; et, pour qu'au milieu de la mêlée leur ordre de bataille ne fût point rompu, il les unit au moyen de mâts et de vergues qui traversaient de l'un à l'autre, et de gros câbles qui en formaient comme un tout indissoluble. Puis il les couvrit d'un plancher, afin d'établir les communications sur toute la ligne; sous ces ponts il ménagea des intervalles pour permettre aux barques d'éclaireurs de s'avancer vers l'ennemi et pour assurer leur retraite. Ces dispositions faites à la hâte, comme la circonstance l'exigeait, il choisit environ mille hommes qu'il fit transporter sur les bâtiments de transport; on entassa à bord des armes, surtout des projectiles, en quantité suffisante pour qu'on n'en manquât point, quelle que fût la durée du combat. Ainsi préparés et sur leurs gardes, les Romains attendirent l'arrivée de l'ennemi.

Les Carthaginois, en usant de célérité, auraient pu surprendre la flotte romaine dans le désordre et la confusion et l'écraser du premier choc; mais, tout effrayés encore de leurs défaites sur terre, ils avaient même perdu toute leur confiance dans leur marine, qui faisait leur force; ils perdirent un jour entier par la lenteur de leur mouvement, et n'abordèrent que vers le coucher du soleil au port appelé Ruscumon par les Africains. Le lendemain, au lever du soleil, ils allèrent se mettre en bataille en pleine mer, comme s'ils s'attendaient à soutenir un combat en règle et à voir les Romains s'avancer à leur rencontre. Après avoir longtemps conservé leur position, voyant que l'ennemi ne faisait aucun mouvement, ils se décidèrent à attaquer les bâtiments de transport.

Ce ne fut pas comme un combat naval; on eût dit plutôt un assaut livré à des murs par une flotte. Les bâtiments de transport étaient un peu plus élevés que les vaisseaux éperonnés des Carthaginois; ceux-ci visaient de haut en bas, et la plupart de leurs traits ne pouvaient atteindre au-dessus d'eux; ceux des Romains, lancés du haut de leurs bâtiments de transport, tombaient plus lourdement et avaient, par leur poids même, plus de force. Cependant les barques d'éclaireurs et les esquifs légers qui s'échappaient par les intervalles ménagés sous les ponts, furent d'abord écrasés par le choc seul et la vaste dimension des navires éperonnés; ils gênèrent même les soldats romains et les obligèrent souvent, en se mêlant aux vaisseaux ennemis, à retenir leurs coups, dans la crainte de frapper leurs compagnons au lieu des Carthaginois.

Enfin ceux-ci lancèrent de leurs vaisseaux sur ceux des Romains des madriers garnis de crochets en fer qu'on appelle harpons. Comme les Romains ne pouvaient couper les harpons ni les chaînes auxquelles on les avait suspendus pour les lancer, on voyait chaque navire éperonné, qui s'accrochait par l'arrière à un bâtiment de transport, l'entraîner à la remorque et, rompant les liens qui les unissaient entre eux, emporter en même temps une file de plusieurs vaisseaux. Par ce moyen tous les ponts furent mis en pièces, et les soldats eurent à peine le temps de sauter sur le second rang de navires.

Soixante bâtiments de transport à peu près furent remorqués jusqu'à Carthage. Cette capture y causa plus de joie qu'elle ne méritait; mais on y fut d'autant plus sensible, qu'au milieu d'une continuité d'échecs et de désastres, c'était la seule lueur inespérée de bonheur qu'on eût vu briller. Cet événement prouvait d'ailleurs que la flotte romaine aurait pu être détruite, si les amiraux de Carthage n'avaient pas montré trop de lenteur, et que Scipion n'eût pas à temps secouru sa flotte.

[30,11] Syphax subit une sévère défaite (printemps 203)
Vers le même temps, Laelius et Masinissa étaient arrivés en Numidie après environ quinze jours de marche; les Mésules, sujets naturels de Masinissa, rentrèrent avec joie sous l'obéissance d'un roi qu'ils avaient longtemps regretté.
Syphax, dont les lieutenants et les garnisons furent chassés, se renferma dans ses anciens états, non toutefois pour s'y tenir en repos. Sa femme et son beau-père l'excitaient en s'adressant à son amour: il avait d'ailleurs tant d'hommes et de chevaux, que le tableau de cette puissance si longtemps florissante eût inspiré de la confiance à un prince moins barbare et moins présomptueux. Il rassembla donc tout ce qu'il avait d'hommes propres au service, leur distribua des chevaux, des armes, des traits, partagea sa cavalerie en escadrons, son infanterie en cohortes, comme le lui avaient appris autrefois des centurions romains.

Avec cette armée, aussi nombreuse que celle qu'il avait eue précédemment, mais presque tout entière neuve et indisciplinée, il marcha aux ennemis et alla camper tout près d'eux. II y eut d'abord quelques cavaliers qui s'avancèrent hors des lignes avec précaution pour faire une reconnaissance. Repoussés à coups de flèches, ils se replièrent vers leurs compagnons; puis les sorties eurent lieu des deux côtés. Ceux qui avaient le dessous sentaient l'indignation s'allumer en eux et revenaient plus nombreux. C'est là ce qui rend les combats de cavalerie si animés: l'espérance grossit le nombre des vainqueurs et le ressentiment celui des vaincus.

Une poignée d'hommes avait commencé l'action; bientôt toute la cavalerie des deux armées se trouva à la fois emportée par son ardeur. Tant que ce fut une simple mêlée de cavalerie, cette multitude de Masésyles, que Syphax faisait avancer par masses, fut presque irrésistible. Mais quand l'infanterie romaine, accourant tout à coup par les passages que lui ménageaient les escadrons, eut rétabli le combat et repoussé l'ennemi qui chargeait en désordre, les Barbares hésitèrent à lancer leurs chevaux; puis ils s'arrêtèrent, déconcertés par cette tactique nouvelle pour eux; enfin ils plièrent devant l'infanterie, et ne tinrent même pas devant la cavalerie, que l'appui des fantassins enhardissait. Déjà s'approchaient les enseignes des légions; les Masésyles ne purent soutenir ni le premier choc, ni même la simple vue des enseignes et des armes romaines: tant le souvenir de leurs précédentes défaites ou leur frayeur présente faisaient impression sur leur esprit !

[30,12] Capture de Syphax. Masinissa rencontre Sophonisbe

Syphax courut alors sur les escadrons ennemis, dans l'espoir que la honte ou son propre danger arrêterait la fuite; mais son cheval fut grièvement blessé et le jeta à terre. On entoura le roi, on se rendit maître de sa personne et on le conduisit vivant à Laelius: spectacle plus doux pour Masinissa que pour tout autre.
Cirta était la capitale des états de Syphax: ce fut là que se réunirent un grand nombre de ses soldats. Dans ce combat, le carnage ne répondit pas à la victoire, parce que la cavalerie seule avait donné; il n'y eut pas plus de cinq mille hommes tués; et l'on ne porte pas à la moitié de ce nombre celui des prisonniers faits à l'attaque du camp, où les vaincus s'étaient jetés en foule, dans l'effroi que causait la perte du roi.

Masinissa déclara "qu'il n'y aurait en ce moment rien de plus beau pour lui que de revoir en vainqueur ses états héréditaires qu'il venait de recouvrer après un si long exil; mais que la bonne comme la mauvaise fortune ne permettait point de perdre un seul instant. Il pouvait, si Laelius lui laissait prendre les devants avec sa cavalerie, et Syphax chargé de fers, surprendre Cirta et l'écraser dans son trouble et son désordre. Laelius le suivrait avec son infanterie à petites journées."

Laelius y consentit; et Masinissa, ayant paru sous les murs de Cirta, fit demander une entrevue aux principaux habitants. Ils ignoraient le sort du roi; aussi le récit de ce qui s'était passé, les menaces, la persuasion, tout fut sans effet, jusqu'au moment où on amena devant eux le roi chargé de chaînes. À cet affreux spectacle, des pleurs coulèrent de tous les yeux, et, tandis que les uns désertaient la place dans leur frayeur, les autres, avec cet empressement unanime de gens qui cherchent à fléchir leur vainqueur, se hâtèrent d'ouvrir les portes.

Masinissa envoya des détachements aux portes et sur les points importants des remparts, pour fermer toute issue à ceux qui voudraient fuir, et courut au galop de son cheval s'emparer du palais. Comme il entrait sous le vestibule, il rencontra sur le seuil même Sophonisbe, femme de Syphax et fille du Carthaginois Hasdrubal. Quand elle aperçut au milieu de l'escorte Masinissa, qu'il était facile de reconnaître, soit à son armure, soit à l'ensemble de son extérieur, présumant avec raison que c'était le roi, elle se jeta à ses genoux:

"Nous sommes, lui dit-elle, entièrement à votre discrétion; les Dieux, votre valeur et votre heureuse fortune en ont ainsi décidé. Mais s'il est permis à une captive d'élever une voix suppliante devant celui qui peut lui donner la vie ou la mort, s'il lui est permis d'embrasser ses genoux et de toucher sa main victorieuse, je vous prie et vous conjure au nom de cette majesté royale qui naguère nous entourait aussi, au nom de ce titre de Numide que vous partagez avec Syphax, au nom des dieux de ce palais, dont je souhaite que la protection ne vous manque pas en y entrant comme elle a manqué à Syphax lorsqu'il s'en est éloigné; accordez à mes supplications la grâce de décider vous-même du sort de votre captive, selon les inspirations de votre âme, et de m'épargner les superbes et cruels dédains d'un maître romain.

Quand je ne serais que la femme de Syphax, c'en serait assez pour que j'aimasse mieux m'abandonner à la discrétion d'un Numide, d'un prince africain comme moi, qu'à celle d'un étranger et d'un inconnu. Mais que ne doit pas craindre d'un Romain une femme carthaginoise, la fille d'Hasdrubal? Vous le savez. Si vous n'avez pas en votre pouvoir d'autre moyen que la mort pour me soustraire à la dépendance des Romains, tuez-moi, je vous en supplie et vous en conjure."

Sophonisbe était d'une rare beauté; elle avait tout l'éclat de la jeunesse. Elle baisait la main du roi, et en lui demandant sa parole qu'il ne la livrerait pas à un Romain, son langage ressemblait plus à des caresses qu'à des prières. Aussi l'âme du prince se laissa-t-elle aller à un autre sentiment que la compassion: avec cet emportement de la passion naturel aux Numides, le vainqueur s'éprit d'amour pour sa captive, lui donna sa main comme gage de la promesse qu'elle réclamait de lui, et entra dans le palais.

Resté seul avec lui-même, il s'occupa des moyens de tenir sa parole, et, ne sachant décider, il n'écouta que son amour et prit une résolution aussi téméraire qu'imprudente. Il ordonna sur-le-champ de faire les préparatifs de son mariage pour le jour même, afin de ne laisser ni à Laelius ni à Scipion le droit de traiter comme captive une princesse qui serait l'épouse de Masinissa. Le mariage était accompli lorsque Laelius arriva. Loin de lui dissimuler son mécontentement, Laelius voulut d'abord arracher Sophonisbe du lit nuptial, pour l'envoyer à Scipion avec Syphax, et les autres prisonniers; puis il se laissa fléchir par les prières de Masinissa, qui le conjurait de ne pas décider quel serait celui des deux rois dont Sophonisbe suivrait la fortune, et d'en faire Scipion arbitre. II fit donc partir Syphax et les prisonniers, et, secondé par Masinissa, il reprit les autres villes de Numidie occupées encore par les garnisons de Syphax.

[30,13] Syphax est amené au camp romain

À la nouvelle qu'on amenait Syphax au camp, les soldats sortirent tous en foule, comme s'ils allaient assister à une pompe triomphale. C'était lui qui marchait en tête, chargé de fers; il était suivi de la troupe des nobles numides. Alors ce fut à qui grandirait le plus la puissance de Syphax et la renommée de son peuple, pour relever l'importance de la victoire: "C'était là le roi dont la majesté avait paru si imposante aux deux peuples les plus puissants du monde, aux Romains et aux Carthaginois, que le général romain, Scipion, avait quitté sa province d'Espagne et son armée, pour aller solliciter son amitié, et s'était transporté en Afrique avec deux quinquérèmes, tandis qu'Hasdrubal, général des Carthaginois, ne s'était pas contenté d'aller le trouver dans ses états, et lui avait donné sa fille en mariage: il avait eu à la fois en son pouvoir les deux généraux, celui de Carthage et celui de Rome. Si les deux partis avaient, en immolant des victimes, cherché à obtenir la protection des dieux immortels, tous deux avaient également cherché à obtenir l'amitié de Syphax. Telle avait été sa puissance que Masinissa, chassé de son royaume, s'était vu réduit à semer le bruit de sa mort et à se cacher pour sauver ses jours, vivant, comme les bêtes, dans les profondeurs des bois, du fruit de ses rapines."
Ce fut au milieu de ces pompeux éloges de la foule que le roi fut amené au prétoire devant Scipion. Ce ne fut pas non plus sans émotion que Scipion compara la fortune, naguère brillante, de ce prince à sa fortune présente, et qu'il se rappela son hospitalité, la foi qu'ils s'étaient donnée, l'alliance publique et privée qui les avait unis. Les mêmes souvenirs donnèrent du courage à Syphax pour adresser la parole à son vainqueur. Scipion lui demandait "quels motifs l'avaient déterminé à repousser l'alliance de Rome et même à lui déclarer la guerre sans avoir été provoqué."

Syphax avouait qu'il avait fait une faute et commis un acte de démence, mais que ce n'avait pas été en prenant les armes contre Rome: c'était là le terme et non le début de sa folie. Son égarement, son oubli de toutes les lois de l'hospitalité, de tous les traités d'alliance, avaient commencé le jour où il avait introduit dans son palais une femme de Carthage. Le flambeau de cet hymen avait embrasé sa cour; c'était là cette furie, ce démon fatal, dont les charmes avaient séduit son coeur et perverti sa raison; cette femme n'avait eu de repos que lorsqu'elle avait mis elle-même entre les mains de son époux des armes criminelles pour attaquer un hôte et un ami. Dans sa détresse, dans cet abîme de malheurs où il était plongé, il avait au moins la consolation de voir son plus cruel ennemi introduire au sein de sa demeure et de ses pénates ce même démon, cette même furie. Masinissa ne serait pas plus sage ni plus fidèle que Syphax; sa jeunesse le rendait même plus imprudent. II y avait, à coup sûr, plus d'irréflexion et de folie dans la manière dont il avait épousé Sophonisbe."
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Mar 24 Oct - 16:34:41

un mot a dir exelent

ps : tu devrait faire écrivain tu gagtnera une fortune Sourire
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Mer 25 Oct - 20:18:01

lol c'est pas si facil de devenir écrivain je pense, écrire des faits historiques peut être, mais écrire une histoire avec intrigue personnages et autres c'est pas facil. Aujourd'hui j'ai que Zola allait lui même sur les lieux de son histoire pour noter les détails, faire des plans des schémas et y marquait pleins de détails sur ce qu'il remarquait, du genre le forgeron utilise 400 petis rivets de 0.5 cm, 300 de 0.3 et 10 de 0.2 , il y a 3 rangées de betteraves du côté ouest, il écrivait tout une histoire et une généalogie pour ses pperso.

Mais celui que j'admire le plus c'est Tolkien, il créait une généalogie et une histoire mm pour les personnages qui ne rentraient pas dans l'histoire ou que l'on évoquait à peine et il décrit des lieux sur des pages en mettant tous les détails pour finalement en mettre les endroits vus dans l'histoire, j'aimerais bien lire toues ses notes non-publiées.
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Mer 25 Oct - 20:28:49

c'est génial continue!
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Mer 25 Oct - 20:39:33

tu parles d'alpha je pense
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Mer 25 Oct - 20:40:51

oui bien sur
c'est super intérréssant ce forum
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Jeu 26 Oct - 19:06:54

ouais moi j'adore
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Ven 27 Oct - 9:27:16

[30,14] Scène de dépit amoureux
Ce discours où perçait non seulement la haine d'un ennemi, mais la jalousie d'un amant qui voit sa maîtresse au pouvoir de son rival, fit une grande impression sur l'esprit de Scipion. Ce qui donnait du poids aux accusations de Syphax, c'était ce mariage conclu à la hâte et pour ainsi dire au milieu des combats, sans qu'on eût consulté ni attendu Laelius; cet empressement précipité d'un homme qui, le jour même où il avait vu son ennemie entre ses mains, s'unissait à elle par les noeuds de l'hymen et célébrait les fêtes nuptiales devant les pénates d'un rival. Cette conduite paraissait d'autant plus coupable à Scipion, que lui-même, jeune encore, en Espagne, s'était montré insensible aux charmes de toutes ses captives.
Ces pensées l'occupaient, lorsque Laelius et Masinissa arrivèrent en sa présence. Après les avoir reçus tous deux pareillement avec les mêmes démonstrations d'amitié et les avoir comblés d'éloges en plein prétoire, il tira Masinissa à l'écart et lui dit:

"C'est sans doute parce que vous m'avez reconnu quelques qualités, Masinissa, que vous êtes venu d'abord en Espagne rechercher mon amitié, et que vous avez ensuite, en Afrique, confié et votre personne et toutes vos espérances à ma loyauté. Eh ! bien, de toutes les vertus qui vous ont fait attacher du prix à mon amitié, la continence et la retenue sont celles dont je m'honore le plus. Ce sont aussi celles que je voudrais vous voir ajouter à toutes vos autres excellentes qualités, Masinissa. Non, croyez-moi, non, nous n'avons pas tant à redouter à notre âge un ennemi armé que les voluptés qui nous assiégent de toutes parts. Quand on sait mettre un frein à ses passions et les dompter par sa tempérance, on se fait plus d'honneur, on remporte une plus belle victoire que celle qui nous a livré la personne de Syphax. L'activité et la valeur que vous avez déployées loin de mes regards, je les ai citées, je me les rappelle avec plaisir; quant à vos autres actions, je les livre à vos réflexions particulières et je vous épargne une explication qui vous ferait rougir. Syphax a été vaincu et fait prisonnier sous les auspices du peuple romain. Ainsi sa personne, sa femme, ses états, ses places, leur population, enfin tout ce qui était à Syphax, est devenu la proie du peuple romain. Le roi et sa femme, ne fût-elle pas Carthaginoise et fille du général que nous voyons à la tête des ennemis, devraient être envoyés à Rome pour que le sénat et le peuple décidassent et prononçassent sur le sort d'une femme qui passe pour avoir détaché un roi de notre alliance et l'avoir poussé à la guerre tête baissée.

Faites taire votre passion; n'allez pas souiller tant de vertus par un seul vice, ni perdre le mérite de tant de services par une faute plus grave encore que le motif qui vous l'a fait commettre."


[30,15] La mort de Sophonisbe
Masinissa, en écoutant ce discours, sentait la rougeur lui monter au front, et même les larmes s'échapper de ses yeux: "il se mettait, dit-il, à la discrétion du général; il le priait d'avoir égard, autant que le permettait la circonstance, à l'engagement téméraire qu'il avait contracté, lui, Masinissa, en promettant à la captive de ne la livrer à qui que ce fût;" et, sortant du prétoire, il se retira tout confus dans sa tente. Là, sans témoin, il poussa pendant quelque temps des soupirs et des gémissements qu'il était facile d'entendre en dehors de sa tente; enfin un dernier sanglot lui échappant et comme un cri de douleur, il appela son esclave affidé, chargé de la garde du poison que les rois barbares ont l'usage de se réserver en cas de malheur, et lui ordonna d'en préparer une coupe, de la porter à Sophonisbe et de lui dire: "que Masinissa aurait voulu remplir ses premiers engagements, comme une femme a droit de l'attendre d'un époux. Mais dépouillé par une autorité supérieure du droit de disposer de son sort, il lui tenait sa seconde parole et lui épargnait le malheur de tomber vivante au pouvoir des Romains. Elle saurait en pensant au général son père, à sa patrie, aux deux rois qu'elle avait épousés, prendre une noble résolution."
Sophonisbe écouta ce message et prit le poison des mains de l'esclave: "J'accepte, dit-elle, ce présent de noces; et je l'accepte avec reconnaissance, si c'est là tout ce que mon époux peut faire pour sa femme. Dis-lui pourtant que la mort m'eût été plus douce, si le jour de mon hymen n'avait pas été le jour de mes funérailles." La fierté de ce langage ne fut pas démentie par la fermeté avec laquelle elle prit la coupe fatale et la vida sans donner aucun signe d'effroi.

Quand Scipion l'apprit, il craignit que le jeune et fier Masinissa, égaré par son désespoir, ne se portât à quelque résolution violente; il le fit venir sur-le-champ et le consola; mais en même temps il lui reprocha avec douceur d'avoir réparé une imprudence par une autre imprudence et donné à cette affaire un dénouement tragique que rien ne nécessitait.

Le lendemain, pour distraire l'âme du prince des émotions qui la préoccupaient, il monta sur son tribunal et fit convoquer l'assemblée. Là il donna pour la première fois à Masinissa le nom de roi, le combla d'éloges, et lui fit présent d'une couronne et d'une coupe d'or, d'une chaise curule, d'un bâton d'ivoire, d'une toge brodée et d'une tunique à palmes. Pour rehausser l'éclat de ces dons, il ajouta: "que les Romains n'avaient point d'honneur plus grand que le triomphe, ni les triomphateurs d'ornements plus beaux que ceux dont Masinissa seul parmi tous les étrangers avait été jugé digne par le peuple romain. II paya ensuite un tribut d'éloges à Laelius et lui donna aussi une couronne d'or; il récompensa enfin d'autres officiers, chacun selon son mérite. Ces honneurs calmèrent l'irritation du roi et firent naître dans son coeur l'espoir prochain de s'élever sur les ruines de Syphax et de commander à toute la Numidie.

[30,16] Arrivée d'une délégation carthaginoise au camp de Scipion
Scipion envoya Laelius à Rome avec Syphax et les autres prisonniers et fit partir en même temps les députés de Masinissa; puis il revint camper devant Tunis, et acheva les fortifications qu'il avait commencées. Les Carthaginois avaient eu un moment de fausse joie en apprenant le succès passager de leur attaque contre la flotte romaine. À la nouvelle de la prise de Syphax, sur qui ils fondaient plus d'espoir, pour ainsi dire, que sur Hasdrubal et sur leur armée, ils furent frappés de terreur; et, sans écouter davantage ceux qui conseillaient la guerre, ils envoyèrent pour demander la paix une ambassade composée des trente principaux vieillards. C'était le plus révéré de leurs conseils, et son influence était grande sur la direction du sénat lui-même. Arrivés au camp romain et au prétoire, ces députés, par manière de flatterie, et pour se conformer sans doute aux usages de leur mère patrie, se prosternèrent à terre. Leurs paroles furent aussi humbles que leur hommage était servile; ils ne se justifiaient pas; ils rejetaient les premiers torts sur Hannibal et sur les partisans de cet ambitieux capitaine. Ils demandaient grâce pour leur cité, que la témérité de ses habitants avaient déjà deux fois conduite à sa perte, et qui devrait son salut à la générosité de ses ennemis. "Le peuple romain voulait commander à ses ennemis vaincus, et non les anéantir. Ils étaient prêts à obéir en esclaves: Scipion n'avait qu'à leur faire connaître ses ordres."
Scipion leur répondit "qu'il était venu en Afrique avec l'espoir de vaincre, et que ses succès lui donnaient presque la certitude de rapporter à Rome la victoire, et non la paix. Cependant, quoiqu'il eût pour ainsi dire la victoire entre les mains, il ne repoussait pas la paix; il voulait faire savoir à toutes les nations que le peuple romain n'entreprenait la guerre qu'avec justice et la terminait toujours de même. II exigeait pour condition de paix que Carthage restituât les prisonniers, les transfuges et les déserteurs; qu'elle retirât ses armées de l'Italie et de la Gaule; qu'elle renonçât à l'Espagne; qu'elle évacuât toutes les îles qui sont entre l'Italie et l'Afrique; qu'elle livrât tous ses vaisseaux longs, à l'exception de vingt; plus cinq cent mille boisseaux de blé et trois cents mille d'orge." Quant à la contribution en argent qu'il imposa aux vaincus, on n'est pas d'accord sur ce point; je trouve chez quelques historiens cinq mille talents, chez d'autres cinq mille livres pesant d'argent, chez d'autres enfin une double paie pour les soldats de Scipion. "Voilà, mes conditions, dit-il; décidez si vous voulez de la paix à ce prix; je vous accorde trois jours pour délibérer. Si vous acceptez, faites avec moi une trêve, et envoyez à Rome une ambassade pour le sénat."

Les députés furent ainsi congédiés. À Carthage on fut d'avis de ne refuser aucune des conditions de la paix. On cherchait à gagner du temps pour qu'Hannibal pût repasser en Afrique. On envoya donc une nouvelle ambassade à Scipion pour conclure la trêve, et une autre à Rome pour demander la paix: celle-ci menait avec elle, pour la forme, un petit nombre de prisonniers, de transfuges et de déserteurs, afin d'avoir moins de peine à obtenir la paix.
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Ven 27 Oct - 9:30:07

[30,17] Déclaration de Laelius au sénat. Réception des envoyés de Masinissa
Plusieurs jours auparavant, Laelius arriva à Rome avec Syphax et les principaux des prisonniers numides; il rendit aux sénateurs un compte détaillé de tout ce qui s'était fait en Afrique; et son récit fut un grand sujet de joie pour le présent et d'espoir pour l'avenir. Après en avoir délibéré, les sénateurs furent d'avis d'envoyer le roi dans la prison d'Albe, et de retenir Laelius jusqu'à l'arrivée des envoyés de Carthage. On décréta quatre jours de supplications.
Le préteur Publius Aelius congédia le sénat, réunit l'assemblée du peuple, et monta aux Rostres avec Laelius. Quand on apprit que les armées de Carthage avaient été mises en déroute, qu'un roi d'illustre nom avait été vaincu et fait prisonnier, que la Numidie tout entière avait été parcourue comme en triomphe, la multitude ne put contenir la joie secrète qui l'enivrait; elle en fit éclater les transports par des cris et par toutes les autres démonstrations de l'allégresse populaire. Aussi le préteur ordonna-t-il sur-le-champ "que les gardiens des temples les ouvriraient tous dans toute la ville, afin que pendant la journée entière le peuple fût maître de les visiter, d'honorer les dieux et de leur rendre des actions de grâces."

Le lendemain Laelius introduisit les députés de Masinissa dans le sénat. Ils commencèrent par féliciter l'assemblée des succès de Scipion en Afrique. (Cool Puis ils témoignèrent leur reconnaissance de ce que le général avait donné à Masinissa le titre et le pouvoir de roi, en le rétablissant sur le trône de ses pères; "la ruine de Syphax permettrait à leur maître, sauf le bon plaisir du sénat, de régner sans crainte et sans contestations." Ils remercièrent ensuite les sénateurs des éloges publics et des magnifiques récompenses décernées aussi par Scipion à Masinissa." Ce prince avait mis tous ses soins et les mettrait encore à n'en pas être indigne. (10) Il demandait que le titre de roi et les autres récompenses et bienfaits de Scipion lui fussent confirmés par un décret du sénat; il osait en outre, si toutefois sa prière n'était pas indiscrète, solliciter le renvoi des Numides qu'on gardait prisonniers à Rome; cette faveur lui servirait utilement dans l'esprit de ses concitoyens."

On répondit aux députés que "le roi devait avoir sa part dans les félicitations que méritaient les succès obtenus en Afrique; que Scipion n'avait pas outrepassé ses pouvoirs en lui décernant le titre de roi; que tout ce qu'il avait fait pour être agréable à Masinissa avait l'approbation et l'assentiment du sénat." On régla ensuite les présents que les députés emporteraient pour le roi. C'étaient deux saies de pourpre avec une agrafe d'or et des tuniques à laticlave, deux chevaux caparaçonnés, deux armures de cavalier avec cuirasses, des tentes et l'équipage militaire qu'il est d'usage de fournir aux consuls. Ce fut le préteur qu'on chargea de les envoyer au roi. On donna aux députés environ cinq mille as par tête, et mille aux gens de leur suite; plus deux habillements complets par député, et un à chacun des gens de leur suite et des Numides qu'on mettait en liberté pour les renvoyer au roi. Le même décret accordait aux députés des places d'honneur et tous les privilèges d'une généreuse hospitalité.

Fin première partie - 2ème partie Guerre des Gaules (Prochainement sur vos écrans)
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Ven 27 Oct - 9:31:09

A tu songer a changer de métier car c'est rp sont excellent
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Ven 27 Oct - 9:46:34

2ème partie: Opérations en Gaule et en Italie

[30,18] Victoire romaine en Gaule; Magon est blessé et c'est fin de l'été.
Dans la même campagne où ces décrets furent rendus à Rome et ces succès obtenus en Afrique, le préteur Publius Quinctilius Varus et le proconsul Marcus Cornélius Céthégus livrèrent bataille au Carthaginois Magon, sur le territoire des Gaulois Insubres. Les légions du préteur formaient la première ligne; Cornélius laissa les siennes à la réserve, et s'avança lui-même à cheval jusqu'aux premiers rangs. À la tête des deux ailes, le préteur et le proconsul exhortèrent leurs soldats à attaquer vigoureusement les Carthaginois.
Comme les ennemis ne s'ébranlaient pas, Quinctilius dit à Cornélius: "Le combat languit, comme vous le voyez; les ennemis qui tremblaient d'abord se sont enhardis par une résistance inespérée, et je crains que leur confiance ne se change en audace. Il faut que notre cavalerie tombe sur eux comme une tempête, si nous voulons porter le trouble et le désordre dans leurs rangs. Soutenez donc le combat en tête des premières lignes, et j'amènerai, moi, la cavalerie sur le terrain, ou bien je me chargerai de combattre ici au premier rang et vous ferez avancer contre l'ennemi la cavalerie des quatre légions."

Le proconsul accepta le rôle que lui laisserait le choix du préteur: alors Quinctilius Varus, avec son fils, nommé Marcus, jeune homme plein d'ardeur, se porta vers les cavaliers, leur ordonna de monter à cheval, et les lança tout à coup sur l'ennemi. Au désordre produit par cette charge s'ajouta le cri formidable des légions: l'armée ennemie n'aurait pu tenir si, au premier mouvement de la cavalerie, Magon, qui avait ses éléphants tout prêts, ne les eût fait avancer. Leurs cris aigus, leur odeur, leur aspect effarouchèrent les chevaux et rendirent vaine cette charge de cavalerie: et si, dans la mêlée, les cavaliers romains avaient l'avantage lorsqu'ils combattaient de près et pouvaient faire usage de la pique et de l'épée, en ce moment emportés bien loin par leurs chevaux qui étaient épouvantés, ils se trouvaient par leur éloignement plus exposés aux traits des Numides. Cependant l'infanterie de la douzième légion, massacrée presque tout entière, gardait ses rangs par pudeur plus que par le sentiment de ses forces; mais elle n'aurait pas tenu plus longtemps si la treizième légion ne se fût avancée de la réserve au front de la bataille et n'eût rétabli le combat qui devenait douteux. À cette légion toute fraîche, Magon opposa aussi des Gaulois de sa réserve.

Ceux-ci furent culbutés sans peine par les hastats de la onzième légion, qui se formèrent ensuite en colonnes serrées, et attaquèrent les éléphants qui portaient déjà le désordre dans les rangs de l'infanterie. Comme ces animaux étaient pressés les uns contre les autres, les traits lancés par les Romains portèrent presque tous, et les forcèrent à se replier sur l'armée carthaginoise; quatre d'entre eux tombèrent percés de coups.

Alors la première ligne des ennemis s'ébranla; bientôt l'infanterie se débanda tout entière, quand elle vit les éléphants qui tournaient le dos, et augmenta ainsi la frayeur et le désordre. Mais, tant que Magon se tint à la tête de ses soldats, ils ne reculèrent que pas à pas en conservant toujours leurs rangs: dès qu'ils virent que leur général, blessé à la cuisse, tombait à terre et qu'on l'emportait presque sans vie hors du champ de bataille, ils se mirent tous aussitôt à fuir.

Ce jour-là les ennemis perdirent près de cinq mille hommes; on leur prit vingt-deux enseignes. La victoire coûta aussi du sang aux Romains: l'armée du préteur perdit deux mille trois cents hommes, et ce fut la douzième légion qui souffrit le plus; elle eut à regretter aussi deux tribuns militaires, Marcus Cosconius et Marcus Maevius; la treizième légion, qui avait donné vers la fin de l'action, vit tomber le tribun militaire Gaius Helvius au moment où il cherchait à rétablir le combat: environ vingt-deux chevaliers des plus illustres furent écrasés par les éléphants et périrent avec quelques centurions; encore la lutte se serait-elle prolongée, si la blessure du général ennemi n'eût livré la victoire.

[30,19] Magon s'embarque pour l'Afrique et meurt au cours de la traversée
Magon partit à la faveur de la nuit suivante, allongeant sa marche autant que sa blessure lui permettait de supporter la fatigue; il arriva au bord de la mer chez les Ligures Ingaunes. II y reçut une députation de Carthage, qui avait abordé peu de jours auparavant dans le golfe de Gaule, et qui lui apportait l'ordre de passer au plus tôt en Afrique. "Son frère Hannibal, lui dit-on, devait en faire autant; des députés étaient allés aussi lui en porter l'ordre. La situation des affaires de Carthage ne leur permettait plus l'occupation armée de la Gaule et de l'Italie.
Magon, alarmé des ordres du sénat et du péril de sa patrie, craignait d'ailleurs de voir, s'il tardait, l'ennemi vainqueur s'acharner à sa poursuite, et les Ligures, quand ils sauraient que les Carthaginois abandonnaient l'Italie, se soumettre à ceux qui devaient bientôt être leurs maîtres; il espérait que le mouvement de la traversée serait moins douloureux pour sa blessure que celui d'un voyage par terre, et qu'il aurait plus de commodités de toute espèce pour sa guérison. Il embarqua donc ses troupes et partit; mais à peine avait-il dépassé la Sardaigne qu'il mourut des suites de sa blessure; quelques vaisseaux carthaginois, dispersés en pleine mer, furent pris par la flotte romaine qui croisait sur les côtes de Sardaigne. Tels furent les événements qui s'accomplirent sur terre et sur mer dans la partie de l'Italie située au pied des Alpes.

Le consul Gaius Servilius Géminus ne se signala par aucun exploit dans sa province d'Étrurie ni dans la Gaule, car il avait poussé jusque-là, mais il se fit rendre, après seize ans de servitude, son père Gaius Servilius et Gaius Lutatius, qui avaient été pris par les Boïens au bourg de Tannétum; il rentra à Rome ayant d'un côté son père, et de l'autre Lutatius, trophée plus cher à sa famille qu'au pays. On proposa au peuple de ne pas faire un crime à Gaius Servilius, fils d'un citoyen qui avait exercé des magistratures curules, d'avoir accepté du vivant de son père, qu'il croyait mort, les fonctions de tribun du peuple et d'édile plébéien, ce qui était contraire aux lois. Cette proposition adoptée, Servilius retourna dans sa province.

Le consul Gnaeus Servilius Caepio, qui était dans le Bruttium, traita avec ceux de Consentia, d'Aufugum, de Bergae, de Bésidiae, d'Ocriculum, de Lymphaeum, d'Argentanum, de Clampétia, et avec beaucoup d'autres peuples obscurs, qui, voyant les Carthaginois ne plus agir qu'avec mollesse, passèrent aux Romains. Le même consul livra bataille à Hannibal sur le territoire de Crotone. On n'a que des détails insuffisants sur cette journée. Valérius Antias parle de cinq mille hommes tués: ce chiffre est tellement élevé qu'il a été impudemment inventé ou qu'il a dû échapper à la négligence de l'historien. Ce qui est sûr c'est qu'Hannibal ne fit désormais plus rien en Italie; car le hasard voulut que les envoyés de Carthage chargés de le rappeler en Afrique arrivassent auprès de lui vers le même jour que l'ambassade destinée à Magon.

[30,20] Hannibal quitte l'Italie sur ordre du sénat de Carthage
Ce fut, dit-on, avec des frémissements de rage, avec de profonds soupirs et les yeux pleins de larmes qu'Hannibal entendit les paroles des envoyés: "Ce n'est plus par des moyens indirects, mais bien ouvertement qu'on me rappelle, après avoir depuis si longtemps voulu m'arracher à l'Italie, en me refusant des armes et des subsides. Voilà donc Hannibal vaincu, non par le peuple romain, qu'il a tant de fois taillé en pièces et mis en fuite, mais par le sénat de Carthage, instrument de la calomnie et de l'envie. La honte de mon retour donnera moins de joie et d'orgueil à Scipion, qu'à cet Hannon, qui pour abattre notre famille, n'a pas craint, à défaut d'autre vengeance, de sacrifier Carthage."
Hannibal avait dès longtemps prévu ce rappel et ses vaisseaux étaient prêts: laissant donc tout ce qu'il avait de troupes inutiles dans le Bruttium pour garder le petit nombre des places de cette province qui lui restaient fidèles, plus par crainte que par attachement, il embarqua pour l'Afrique l'élite de son armée. Beaucoup d'entre eux, Italiens de naissance, refusèrent de le suivre en Afrique, et cherchèrent un asile dans le temple de Junon Lacinia, demeuré jusqu'alors inviolable: il les fit impitoyablement massacrer dans le sanctuaire même. Jamais, dit-on, un exilé forcé de quitter sa patrie ne s'éloigna avec plus de douleur qu'Hannibal n'en éprouvait à évacuer le sol ennemi. Il se retourna souvent vers les côtes de l'Italie, accusant les dieux et les hommes et se chargeant lui-même d'imprécations pour n'avoir pas mené droit à Rome ses soldats encore tout couverts du sang des Romains tués à Cannes. Scipion avait bien osé marcher sur Carthage, bien que pendant son consulat il n'eût pas même vu les Carthaginois en Italie. Et lui, Hannibal, qui avait tué cent mille hommes à Trasimène et à Cannes, il avait perdu toute sa vigueur à Casilinum, à Cumes, à Nole. Ce fut au milieu de ces plaintes et de ces regrets qu'il fut arraché de l'Italie, dont il était depuis longtemps en possession. La grande Rome commençait ainsi sa grande gloire, par le rappel d'Hannibal sur ses terres.
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Ven 27 Oct - 12:55:07

Clin d\'oeil faudrais les imprimer ca merite mieu que d'etre seulement sur un forum
des truc pareil
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Dim 29 Oct - 0:09:04

oui c'est magnifique il n'y a pas de mots pour ca
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Sam 11 Nov - 10:15:17

hum .. long mais trés trés bien même magnifique moi j'écrit un peu mais je suis un grand flémard donc j'ai quelque probléme avec ca !!!! Lol :Félis:
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Sam 11 Nov - 12:25:29

superbe déscription, je suis trés interessé continue !
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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Dim 12 Nov - 10:20:17

je l'ai lu en plusieurs fois! là je viens de finir! excellent l'histoire! les batailles Joker

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MessageSujet: Re: Bataille de l'époque romaine (comment cela se passe)   Jeu 16 Nov - 8:32:41

[30,21] Réactions à Rome après la libération de l'Italie

Rome apprit en même temps le départ de Magon et celui d'Hannibal. C'était un double sujet de joie; mais on se félicita moins en pensant que les généraux avaient montré, pour les retenir, suivant les instructions du sénat, trop peu de courage, ou n'avaient pas eu assez de forces. D'ailleurs on était inquiet du résultat d'une guerre qui allait retomber de tout son poids sur un seul général et sur une seule armée.
À la même époque arrivèrent des députés de Sagonte: ils amenaient des Carthaginois qu'ils avaient saisis avec des sommes d'argent, et qui étaient passés en Espagne pour y soudoyer des auxiliaires. Ils déposèrent deux cent cinquante livres d'or et huit cents d'argent dans le vestibule de la curie. On reçut leurs captifs et on les mit en prison; on rendit l'or et l'argent, puis on adressa des remerciements aux députés; on leur fit des présents et on leur donna des vaisseaux pour retourner en Espagne.

Les vieux sénateurs rappelèrent ensuite "qu'on était plus indifférent au bien qu'au mal. Quelle terreur, quelle épouvante avaient produit le passage d'Hannibal en Italie? Ils ne l'avaient pas oublié. Depuis, quels désastres, quelles calamités ils avaient soufferts ! On avait vu le camp ennemi des remparts de la ville. Que de voeux formés alors par chacun en particulier et par tout le peuple ! Que de fois dans les assemblées, on avait entendu des citoyens s'écrier en levant les mains au ciel: Viendrait-il enfin le jour où l'on verrait l'Italie délivrée de ses ennemis fleurir au sein d'une heureuse paix? Les dieux l'avaient accordé au bout de seize ans, et personne ne proposait de leur rendre des actions de grâces: tant il était vrai que, loin d'être reconnaissant des bienfaits passés, on recevait avec indifférence même la faveur présente !"

Ce ne fut alors qu'un cri de toutes les parties du sénat pour que le préteur Publius Aelius fît une motion à ce sujet. On décréta cinq jours de supplications à tous les autels, et un sacrifice de cent vingt grandes victimes. On avait déjà congédié Laelius et les envoyés de Masinissa, lorsqu'on apprit que les députés de Carthage, qui venaient pour traiter de la paix avec le sénat, avaient été vus à Pouzzoles et qu'ils feraient le reste du voyage par terre. On arrêta que Laelius serait rappelé, pour assister à la discussion. Quintus Fulvius Gillo, lieutenant de Scipion, amena les Carthaginois à Rome; on leur défendit d'entrer dans la ville et on leur assigna un logement dans une villa de l'état; le sénat leur donna audience dans le temple de Bellone.

[30,22] Réception de la délégation carthaginoise

Ils tinrent à peu près le même langage qu'en présence de Scipion, rejetant au nom de la nation toute la responsabilité de la guerre sur Hannibal. "C'était lui qui, sans l'ordre du sénat, avait passé les Alpes, et même l'Èbre; qui de son autorité privée avait déclaré la guerre aux Romains, et avant eux aux Sagontins. (3) Le sénat et le peuple carthaginois n'avaient pas encore, à vrai dire, enfreint leur traité d'alliance avec Rome. L'ambassade n'avait donc pour mission que de demander le maintien de la paix qui avait été conclue en dernier lieu avec le consul Gaius Lutatius."
Conformément aux usages, le préteur ayant autorisé les sénateurs à adresser aux députés les questions qu'ils jugeraient à propos, les plus vieux de l'assemblée, qui avaient assisté aux négociations, les interrogèrent sur divers points. Mais les députés, pour la plupart jeunes encore, répondirent que leur âge ne leur permettait point de s'en souvenir: alors de tous les côtés de la curie ce ne fut qu'un cri: "c'était un trait de foi punique, que d'avoir choisi pour réclamer une paix ancienne des hommes qui ne s'en rappelaient pas les conditions."

[30,23] Discussion au sénat sur l'opportunité de conclure la paix

On fit ensuite retirer les députés et l'on alla aux voix. Marcus Livius était d'avis de mander le consul Gaius Servilius Géminus, qui était le plus voisin de Rome, pour le faire assister à la délibération. "On ne saurait, disait-il, discuter une affaire plus importante que celle dont il était question; il ne croyait pas qu'on pût s'en occuper en l'absence de l'un des consuls, ou de tous les deux, sans compromettre la dignité du peuple romain." Quintus Caecilius Métellus qui, trois ans auparavant, avait été consul et dictateur, rappelait "que c'était Publius Scipion qui, par la destruction des armées ennemies et la dévastation du territoire, avait réduit les Carthaginois à demander la paix en suppliants; et que personne n'était plus en état d'apprécier avec justesse l'intention qui dictait cette demande que celui qui faisait la guerre aux portes de Carthage; il voulait donc que ce fût Scipion, et nul autre, qui décidât s'il fallait accorder ou refuser la paix."

Marcus Valérius Levinus, qui avait été deux fois consul, "voyait dans ces hommes des espions et non des députés; il fallait leur intimer l'ordre de quitter l'Italie, les faire escorter jusqu'à leurs vaisseaux et écrire à Scipion de continuer la guerre sans relâche." Laelius et Fulvius ajoutèrent "que Scipion faisait reposer toutes les espérances de paix sur la supposition qu'Hannibal et Magon ne seraient pas rappelés d'Italie; que les Carthaginois mettraient en jeu toutes les manoeuvres possibles, tant qu'ils attendraient ces généraux et leurs armées; qu'ensuite, sans s'inquiéter des traités, même les plus récents, ni des dieux qui en sont garants, ils feraient la guerre." Ce fut un motif de plus pour adopter la proposition de Lévinus. On congédia les députés sans leur accorder la paix et presque sans leur donner de réponse.

[30,24] Rupture de la trêve

Vers le même temps, le consul Gnaeus Servilius Caepio, persuadé que la gloire d'avoir pacifié l'Italie lui appartenait, se mit à la poursuite d'Hannibal, comme si c'était lui qui l'eût chassé, et passa en Sicile, pour de là se transporter ensuite en Afrique. Quand la nouvelle en arriva à Rome, les sénateurs décidèrent d'abord que le préteur écrirait au consul pour lui ordonner de la part du sénat de revenir en Italie; mais sur l'observation du préteur que le consul ne tiendrait pas compte de sa dépêche, on créa tout exprès dictateur Publius Sulpicius Galba, qui, en vertu de son pouvoir supérieur, rappela le consul en Italie. Il passa le reste de l'année avec Marcus Servilius Géminus, son maître de la cavalerie, à visiter les villes d'Italie que la guerre avait détachées de Rome, et à régler le sort de chacune d'elles.
Pendant la trêve, la Sardaigne vit aussi partir sous les ordres du préteur Publius Lentulus cent vaisseaux de charge, avec des provisions et une escorte de vingt navires à éperons, qui abordèrent en Afrique sans avoir rencontré d'ennemis ni éprouvé de tempêtes. Gnaeus Octavius qui avec deux cents vaisseaux de charge et trente vaisseaux longs fit voile de la Sicile, n'eut pas le même bonheur. Sa traversée avait été heureuse jusqu'à ce qu'il fût à peu près en vue de l'Afrique: là, le vent tomba d'abord; puis il tourna et, soufflant de terre, il bouleversa et dispersa la flotte. Le commandant avec ses vaisseaux de guerre lutta à force de rames contre la violence des flots, et aborda au promontoire d'Apollon. Les bâtiments de transport furent poussés les uns sur l'île d'Égimure, qui ferme du côté de la pleine mer le golfe de Carthage, à trente milles environ de la ville; les autres en face même de la ville à la hauteur des Eaux-Chaudes.

On voyait tout cela de Carthage: aussi courut-on en foule de toute la ville à la place publique. Les magistrats convoquèrent le sénat et l'on entendait dans le vestibule de la curie le peuple qui demandait d'un ton menaçant qu'on ne laissât pas échapper cette proie si belle qu'on avait sous les yeux et presque entre les mains. Vainement les uns objectaient la paix qu'on sollicitait, et d'autres la trêve, dont le terme n'était pas encore expiré. Le sénat et le peuple, pour ainsi dire confondus, décidèrent qu'Hasdrubal passerait dans l'île d'Égimure avec une flotte de cinquante vaisseaux, et que de là il parcourrait les côtes et les ports pour recueillir les navires romains dispersés par la tempête. Abandonnés par leurs équipages, qui avaient pris la fuite, les bâtiments de transport furent remorqués d'Égimure d'abord, puis des Eaux-Chaudes à Carthage.
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